WSC LegalWSC Legal
  • Cabinet
    • Valeurs
    • Affiliations
    • Communauté
  • Expérience
    • Expertises
      • Droit Administratif et Réglementaire
      • Droit de la concurrence
      • Droit bancaire et financier
      • Conformité (Compliance)
      • Droits des sociétés
      • Droit du travail
      • Droit de l´environnement
      • Redressement judiciaire et faillité
      • Litiges et résolution de conflits
      • Fusions-acquisitions
      • Droit fiscal et douanier
      • Droit du numerique & de lIT
    • Industries
      • Agriculture et pêche
      • Produits grand public
      • Loisirs
      • Services financiers
      • Industrie
      • Exploitation minière, energie, pétrole et gaz
      • Industrie pharmaceutique et de la santé
      • Immobilier
      • L´économie digitale
    • Services complémentaires
  • Talent
    • Équipe
    • Domaines d’expertise et carrière
  • Nouveautés
  • Contact
  • Français
Loi sur la propriété foncière en Argentine : Rempart de la souveraineté ou obstacle au développement ?
Pilar Durante2026-07-13T09:53:32-03:00
Droit Commercial

Consultez les dernières nouvelles sur les lois et règlements.

Perspectives

  Retour

Loi sur la propriété foncière en Argentine : Rempart de la souveraineté ou obstacle au développement ?

Loi sur la propriété foncière en Argentine : Rempart de la souveraineté ou obstacle au développement ?

La Loi sur la propriété foncière, promulguée en 2011, a limité l’acquisition de terres rurales par des étrangers dans le but de protéger la souveraineté nationale. Son abrogation par le gouvernement de Javier Milei a relancé un débat central : ces restrictions défendent-elles les intérêts du pays ou freinent-elles son développement économique ? Cet article passe en revue l’origine de la loi, son impact et comment elle se compare à d’autres réglementations internationales similaires.

Genèse de la Loi sur la Propriété Foncière

Le 22 décembre 2011, le Congrès de la Nation Argentine a promulgué la Loi N° 26.737 sur le Régime de Protection du Domaine National sur la Propriété, la Possession ou la Détention des Terres Rurales. Communément appelée « Ley de Tierras » ou « Loi sur la Propriété Foncière », la réglementation a restreint l’acquisition et la détention de terres rurales par des personnes physiques et morales étrangères dans le pays. Les principales restrictions étaient les suivantes :

  • À l’échelle provinciale, municipale ou au sein d’autres divisions administratives, la possession de terres rurales par des étrangers ne pouvait dépasser les 15 %.
  • De ces 15 %, aucune nationalité spécifique ne pouvait excéder les 30 % [1].
  • Un étranger ne pouvait posséder  plus de 1 000 hectares ou l’équivalent fixé par le gouvernement.
  • Les étrangers ne pouvaient être propriétaires de terres dans les zones côtières, frontalières ou à proximité de plans d’eau significatifs (y compris les eaux souterraines).

Les fondements légaux de la Loi sur la Propriété Foncière

Les principaux arguments avancés originellement par le gouvernement sur la nécessité de la Loi sur la Propriété Foncière proviennent du débat ayant eu lieu au Congrès et se résument de la manière suivante :

  • La terre est une ressource naturelle stratégique, rare et non renouvelable, essentielle pour le développement humain et social.
  • La nécessité de limiter l’appropriation de vastes superficies de terres par des capitaux spéculatifs, observée dans plusieurs pays à travers le monde, y compris en Argentine.
  • La possession étrangère entravait la construction de logements accessibles pour les Argentins.

Arguments en faveur et contre la Loi sur la Propriété Foncière

D’autre part, lors de ce débat parlementaire, les principales objections à la Loi sur la propriété foncière étaient les suivantes :

  • Violation du principe constitutionnel d’égalité devant la loi, en particulier l’article 20, qui fait référence aux « ayants droit ») et non aux citoyens.
  • L’interdiction faite aux étrangers ne constituerait pas une solution aux problématiques que la loi cherche à corriger (sécurité alimentaire, protection de la souveraineté, maintien des prix à des niveaux abordables) et ne ferait que nourrir des intérêts xénophobes.
  • Dans des pays ayant des législations foncières similaires, ce sont les gouvernements eux-mêmes qui décident si les investissements leur sont favorables ou non, sans fixer de limite à l’investissement.

Le Gouvernement de Milei et le maintien de la Loi sur la Propriété Foncière

Immédiatement après son entrée en fonction, le président Javier Milei a émis le décret d’urgence N° 70/2023, abrogeant ou modifiant plus de 300 lois dans le but de déréguler l’économie, en particulier dans le secteur privé.

Ce décret a abrogé la Loi sur la Propriété Foncière dans son intégralité, supprimant de fait les restrictions à l’acquisition de terres rurales par des étrangers à partir du 29 décembre 2023. Cette mesure a été justifiée par la nécessité urgente de modifier certaines politiques de l’État. Selon l’administration Milei, l’investissement étranger favorise l’entrée de capitaux, d’infrastructures et de technologies dans le pays.

Après l’entrée en vigueur du décret, le Centre des Anciens Combattants des Îles Malouines de La Plata (CECIM) a déposé une action en référé contre l’abrogation de la Loi sur la propriété foncière, demandant une suspension immédiate de l’abrogation à titre de mesure conservatoire.  La mesure conservatoire a d’abord été rejetée, mais la décision a été renversée en appel, qui a accepté la demande présentée ainsi que la mesure associée. Le pouvoir exécutif a déposé un recours extraordinaire, qui a été partiellement accepté et a entraîné la suspension de la décision rendue en appel. Cependant, en raison d’un incident lié à la mesure conservatoire en début de procédure, la Loi sur la propriété foncière reste en vigueur jusqu’à ce que le litige soit résolu, et ce, dans l’attente d’une décision de la Cour Suprême de Justice.

Étant donné que la Cour Suprême n’est soumise à aucun délai procédural pour rendre sa décision, une telle décision pourrait prendre des mois voire des années avant d’être rendue. Cependant, les actes réalisés entre l’entrée en vigueur du décret (29 décembre 2023) et l’octroi de la mesure conservatoire (29 janvier 2024) demeurent valides.

La réglementation de la propriété foncière en Amérique

L’Argentine n’est pas le seul pays à restreindre la propriété foncière des étrangers. La législation sur l’acquisition de terres par des étrangers varie considérablement d’un pays à l’autre en fonction des contextes sociaux, culturels et politiques.

  • En Amérique latine, le Brésil limite l’acquisition de terres rurales par des étrangers à 25 % de la superficie rurale de chaque municipalité, y compris les sociétés locales contrôlées par des capitaux étrangers. La Bolivie régule l’accumulation des surfaces et interdit aux étrangers d’acquérir des terres appartenant à l’État. Au Venezuela, l’État interdit aux étrangers d’acquérir des terres rurales, sauf s’ils créent des sociétés commerciales où le capital vénézuélien est majoritaire. Au Chili, au Pérou et en Équateur, les restrictions ne s’appliquent qu’aux terres frontalières pour des raisons de sécurité et de souveraineté nationale, tandis qu’au Paraguay et en Uruguay, les régulations sont plus flexibles, ce qui a entraîné un grand nombre d’acquisitions par des étrangers, et leurs législateurs cherchent actuellement à promulguer une loi les limitant.
  • En Amérique du Nord, le Mexique impose des limitations dans les zones frontalières et côtières, tandis qu’aux États-Unis, les étrangers doivent enregistrer l’acquisition de terres agricoles de plus de dix acres, laissant aux États la liberté de réguler individuellement leur acquisition.

La réglementation foncière dans le Monde

  • En Europe, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et l’Allemagne permettent l’acquisition de terres par des étrangers avec peu de restrictions, à condition que ce soit dans un but productif. En Europe centrale et en Europe de l’Est, des États comme la Hongrie, l’Ukraine et la Suisse sont plus restrictifs. Les États scandinaves ont un contrôle gouvernemental strict : l’acquisition doit être réalisée à des fins agricoles et exige la résidence permanente du citoyen étranger.
  • En Asie, des pays comme la République Populaire de Chine concentrent la propriété des terres dans l’État et interdisent la propriété privée des terres. La République Islamique d’Iran interdit la propriété de terres agricoles par des étrangers, tandis qu’en Russie, les étrangers ne peuvent investir que par le biais de sociétés créées dans le pays. L’Inde est également très stricte quant à l’achat de terres par des citoyens non-indiens vivant à l’étranger.
  • En Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’exigent pas la résidence permanente des étrangers, mais imposent que l’achat soit approuvé par un organisme régulateur qui vérifie que l’investissement soit bénéfique pour le pays et ne nuise pas à sa souveraineté.
  • En Afrique, la majorité des États stipulent que les terres appartiennent aux gouvernements fédéraux, qui imposent souvent des restrictions strictes pour protéger la souveraineté et éviter la concentration des terres entre des mains étrangères. Dans des pays comme l’Égypte, le Nigéria, le Kenya, et l’Éthiopie, la propriété des terres agricoles par des étrangers est interdite, se limitant à des baux à long terme. Des restrictions existent également dans les zones frontalières ou stratégiques.

Synthèse des réglementations foncières dans le monde

En résumé, l’acquisition de terres par des étrangers varie considérablement entre les continents. En Asie et en Afrique, les interdictions prédominent. Le modèle européen est beaucoup plus diversifié, mais dans l’ensemble, il défend les intérêts nationaux sans désavantager les investissements étrangers. En Amérique latine, les restrictions se concentrent principalement sur la défense de la souveraineté nationale et la protection des zones frontalières et stratégiques. Le Brésil, la Bolivie, le Venezuela et l’Argentine (avant l’entrée en vigueur du décret) sont les pays latino-américains qui restreignent le plus l’acquisition de terres, se rapprochant davantage du modèle asiatique et africain.

Conclusion

En examinant les arguments du débat législatif sur la Loi sur la Propriété Foncière et en comparant la situation avec d’autres pays, il est évident que les restrictions sur la possession étrangère reflètent une idéologie. Plus un gouvernement est étatiste, plus il contrôle la propriété foncière et moins il est favorable aux investissements étrangers, sans toutefois en reconnaître les avantages. De nombreux arguments avancés par les législateurs lors du débat parlementaire s’apparentent aux politiques des pays membres des BRICS : une forte intervention de l’État ; un contrôle visant à protéger les intérêts nationaux, notamment en matière d’alimentation et de logement.

Avec le changement de modèle économique/politique présenté par le président Milei, l’Argentine s’éloigne du modèle proposé par les BRICS et s’aligne avec des pays moins restrictifs comme les États-Unis. Les mesures économiques entreprises par l’administration actuelle démontrent l’intention de permettre une acquisition foncière libre et de favoriser les investissements étrangers comme moteur pour le secteur privé.

Il est possible d’envisager un équilibre entre un contrôle étatique approprié et la promotion des investissements étrangers. La clé consiste dans l’exploitation des avantages du capital étranger, tout en protégeant les intérêts nationaux et en évitant que les ressources ne soient exclusivement destinées à la spéculation. Cependant, des politiques comme celles du Brésil, de la Bolivie et du Venezuela peuvent nuire à l’investissement privé, tandis qu’une dérégulation totale, comme cela a été le cas en Uruguay et au Paraguay, peut avoir des effets négatifs sur l’industrie locale. Ainsi, un modèle intermédiaire, dans lequel les investisseurs étrangers peuvent opérer librement, tout en évoluant dans un cadre normatif minimal et simple qui protège la souveraineté nationale, les frontières, les ressources naturelles et les intérêts locaux, pourrait constituer une solution.

Notes

[1] Le projet initial du pouvoir exécutif stipulait que seraient considérées comme personnes morales étrangères celles dont 25 % des actions appartiennent à des personnes physiques ou morales étrangères. Article 3.b.1 et 2 du rapport majoritaire du 14 décembre 2011. (https://www4.hcdn.gob.ar/dependencias/dip/DEBATES%202023/Ley%2026737%20%20Ley%20de%20Tierras/ODD%209-2011.pdf).

Search

Últimas Noticias

Nouvelles règles fiscales applicables aux investissements immobiliers en Argentine
Nouvelles règles fiscales applicables aux investissements immobiliers en Argentine
Nouvelle loi argentine sur les glaciers : un risque environnemental ?
Nouvelle loi argentine sur les glaciers : un risque environnemental ?
Accord Mercosur–UE Application provisoire à partir du 1er mai
Accord Mercosur–UE : Application provisoire à partir du 1er mai
Loi de modernisation en Argentine: la responsabilité de l’employeur
Réforme du travail en Argentine : points clés pour les employeurs
Analyse de l’accord commercial entre l’Argentine et les États-Unis
Analyse de l’accord commercial entre l’Argentine et les États-Unis
UE-Mercosur : obstacles et opportunités pour l’Argentine

Áreas de Práctica

Data, Digital & AI Law
View More

Si vous souhaitez discuter de cette question avec les avocats de Wiener Soto Caparros, n’hésitez pas à contacter notre auteur.

Matías Wilkinson | Wiener Soto Caparrós

Matías Wilkinson

   

Subscribe to our

newsletter

    Clause de non-responsabilité

    Cet article est basé sur des informations accessibles au public et n’a qu’une valeur informative. Il n’a pas pour objet de fournir un avis juridique ou une analyse exhaustive des questions qu’il mentionne.

    .


    Related Posts

    Les voies d'implantation en Espagne

    Les voies d’implantation en Espagne

    Consultez les dernières nouvelles su... Lire la suite

    Déréglementation du Transport de Marchandises

    Déréglementation du Transport de Marchandises

    Consultez les dernières nouvelles su... Lire la suite


    San Martín 140, Piso 18

    Buenos Aires, Argentina (C1004AAD)

    Téléphone:

    +54 11 5365-8355

    Courriel:

    info@wsclegal.com

    Nous contacter


    • Cabinet
    • Expérience
    • Talent
    • Nouveautés
    • Contact
    WSC Legal &copie; Copyright 2026 . Tous les droits sont réservés.
    • Cabinet
      • Valeurs
      • Affiliations
      • Communauté
    • Expérience
      • Expertises
        • Droit Administratif et Réglementaire
        • Droit de la concurrence
        • Droit bancaire et financier
        • Conformité (Compliance)
        • Droits des sociétés
        • Droit du travail
        • Droit de l´environnement
        • Redressement judiciaire et faillité
        • Litiges et résolution de conflits
        • Fusions-acquisitions
        • Droit fiscal et douanier
        • Droit du numerique & de lIT
      • Industries
        • Agriculture et pêche
        • Produits grand public
        • Loisirs
        • Services financiers
        • Industrie
        • Exploitation minière, energie, pétrole et gaz
        • Industrie pharmaceutique et de la santé
        • Immobilier
        • L´économie digitale
      • Services complémentaires
    • Talent
      • Équipe
      • Domaines d’expertise et carrière
    • Nouveautés
    • Contact
    • Français
    Manage Consent
    To provide the best experiences, we use technologies like cookies to store and/or access device information. Consenting to these technologies will allow us to process data such as browsing behavior or unique IDs on this site. Not consenting or withdrawing consent, may adversely affect certain features and functions.
    Functional Toujours activé
    The technical storage or access is strictly necessary for the legitimate purpose of enabling the use of a specific service explicitly requested by the subscriber or user, or for the sole purpose of carrying out the transmission of a communication over an electronic communications network.
    Preferences
    The technical storage or access is necessary for the legitimate purpose of storing preferences that are not requested by the subscriber or user.
    Statistics
    The technical storage or access that is used exclusively for statistical purposes. The technical storage or access that is used exclusively for anonymous statistical purposes. Without a subpoena, voluntary compliance on the part of your Internet Service Provider, or additional records from a third party, information stored or retrieved for this purpose alone cannot usually be used to identify you.
    Marketing
    The technical storage or access is required to create user profiles to send advertising, or to track the user on a website or across several websites for similar marketing purposes.
    • Gérer les options
    • Gérer les services
    • Gérer {vendor_count} fournisseurs
    • En savoir plus sur ces finalités
    View preferences
    • {title}
    • {title}
    • {title}