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Projet de Réforme du Télétravail
Une « modernisation » du travail ? L’abrogation de la Loi sur le Télétravail et son impact sur les relations de travail
Le Projet de Loi de Modernisation du Travail, actuellement en débat, propose l’abrogation de la Loi sur le Télétravail n° 27.555. Cette initiative soulève une question essentielle dans un contexte où le travail à distance — et notamment les modèles hybrides — fait désormais partie intégrante de l’organisation des entreprises, de la gestion des ressources humaines et de la compétitivité des offres de travail, en particulier dans les sociétés à portée régionale ou internationale.
La suppression éventuelle de ce cadre juridique introduit une incertitude juridique. Comme lors de précédentes réformes du droit du travail en Argentine, il est probable que la jurisprudence — et en dernier ressort la Cour Suprême argentine — définisse les contours du nouveau régime. Cependant, il ne faut pas oublier que les juridictions prud’homales en Argentine ne s’illustrent ni par leur rapidité ni par leur prévisibilité face aux changements législatifs, ce qui pourrait entraîner une période prolongée d’hésitation.
Dans ce contexte, des questions inévitables se posent pour les employeurs et les départements RRHH : Faudra-t-il maintenir les conditions et droits reconnus sous la Loi sur le Télétravail ? Pourra-t-il exister différents régimes applicables aux salariés faisant du télétravail au sein d’une même organisation ?
Une première analyse permet d’anticiper qu’en cas d’abrogation, certains droits et obligations ne seraient plus en vigueur faute de réglementation spécifique, tandis que d’autres resteraient couverts par les normes générales du droit du travail.
Les droits et obligations qui disparaîtraient
Sans réglementation spécifique, les droits introduits par la Loi sur le Télétravail ne seraient plus expressément reconnus, parmi lesquels :
- La reconnaissance des « tâches de soin » (« tareas de cuidado ») du salarié. La Loi sur le Télétravail oblige l’employeur à rendre compatibles les horaires de travail avec les « tâches de soin » pesant sur les salariés justifiant avoir à charge un mineur de moins de 13 ans, une personne âgée ou une personne en situation de handicap.
- Le droit à la réversibilité vers le travail en présentiel par la seule décision du salarié et l’obligation corrélative de l’employeur d’assigner des tâches en présentiel.
- L’obligation pour l’employeur de fournir, maintenir et réparer les équipements de travail, sans préjudice des exigences minimales en matière de prévention des risques professionnels.
- L’obligation de compenser les frais supplémentaires de connexion, consommation de services et autres coûts liés au télétravail, sans préjudice de l’obligation générale de remboursement des frais supportés par le salarié et l’indemnisation des dommages causés à ses biens en raison de l’accomplissement de son travail.
- La présomption que les accidents survenus sur le lieu, pendant la journée et à l’occasion du télétravail soient considérés comme des accidents du travail.
- L’obligation pour l’employeur d’inscrire dans le Registre du Télétravail (« Registro del Teletrabajo ») les salariés travaillant selon cette modalité.
Cela ne signifie pas pour autant que le télétravail serait totalement dépourvu de protection juridique. De nombreux droits, garanties et obligations resteraient pleinement en vigueur grâce au cadre juridique complexe applicable aux relations de travail, composé de normes nationales, internationales, jurisprudence et interprétations d’organismes supranationaux. Parmi ces droits figurent le principe d’égalité de rémunération à tâches égales, les limites à la journée de travail, les facultés de contrôle de l’employeur et la protection de la vie privée du salarié.
Considérations finales
Le travail à distance est là pour rester. Dans ce contexte, l’abrogation d’une loi qui le régule — sans texte de remplacement — n’apporte pas de règles claires pour les acteurs concernés, ni pour les travailleurs ni pour les employeurs.
D’un point de vue pratique, une révision ou mise à jour du régime, adaptée aux dynamiques actuelles du marché du travail, pourrait constituer une réponse plus appropriée qu’une abrogation pure et simple. Le vide juridique qui pourrait en résulter accroîtrait la marge de manœuvre du juge, compliquant l’organisation et la mise en œuvre de politiques de télétravail claires, prévisibles et durables.
Si vous souhaitez discuter de cette question avec les avocats de Wiener Soto Caparros, n’hésitez pas à contacter notre auteur cpou@wsclegal.com et mramirez@wsclegal.com.
Clause de non-responsabilité
Cet article est basé sur des informations accessibles au public et n’a qu’une valeur informative. Il n’a pas pour objet de fournir un avis juridique ou une analyse exhaustive des questions qu’il mentionne.
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